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Nougaro : à tombeau ouvert et
à guichets fermés
Le documentaire consacré à Claude Nougaro, offre des images inédites d’un artiste dont la carrière semble si indissociable de Toulouse. Pourtant de Toulouse il en sera peu question dans le long parcours du compositeur du Jazz et la Java, de Cécile ma fille ou de Bidonville… «Toulouse fut pour moi une ville rosse» confie-t-il à son ami et écrivain Christian Laborde.
Le réalisateur toulousain Christophe Vindis a choisi la polyphonie artistique et fraternelle pour porter à l’écran cette parole-tambour, boxeuse infatigable. «Pour aborder ce portrait de Nougaro, j’ai fonctionné par cercles pour l’approcher. Ceux qui l’ont le plus connu, et ceux qui sont ses héritiers. Nous avons voulu montrer d’où il partait et où il allait». Ou comme dirait Lubat : jusqu’où ça commence Nougaro ?
Une trajectoire qui sera menée tout au long du film par ses frères d’âmes :
Laborde qui cosigne le film et dont Nougaro disait qu’il était son «frère de race mentale», Yves Mathieu le copain poulbot qui l’a fait grandir, Bernard Lubat l’âme du jazz aux phrases effilées, les frères Amokrane et Magyd Cherfi ses potes de banlieue...
Le documentaire remonte à la source, celle du Lapin Agile, où il balance ses poèmes « aux ravissantes gourdes » avant d’arpenter les clubs de jazz de Saint Germain. Il y sera reconnu par ses pairs, ces jazzmen qui attendaient un poète du verbe capable d’incarner leur son...
Des archives de l’Ina émerge un artiste avide de faire entendre sa substantifique moelle : les interviews télévisées où Nougaro pose sans concession et laisse les journalistes médusés ; les concerts où l’homme se transforme en bête de scène, « il était un instrument à lui tout seul, un instrument millénaire et archaïque ».
Lâché par Barclay en 1987, nous suivons Nougaro aux Etats-Unis, direction la chambre de Charlie Mingus. De ce périple américain naît Nougayork, l’album de la revanche, vendu à 400 000 exemplaires. Du Brésil, des Etats-Unis, de Toulouse ou de Paris, Nougaro trimballe la puissance de ses histoires secouées par les rythmes africains. «Je suis un nègre né à Toulouse». Le film ferme la boucle, le retour à Toulouse sera lumineux, Nougaro peut reposer en paix, les feux de ses tam-tam brûlent toujours.
Un film de Christophe Vindis et Christian Laborde
Réalisation : Christophe Vindis
Une coproduction : Les films de la castagne - France Télévisions-
TLT avec la participation de TV5Monde.
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