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 PROFESSION FEMME DE MÉNAGE


 




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Profession femme de ménage

 

Profession femme de ménage

Elles sont partout et on ne fait pas toujours grand cas de leur existence : les femmes de ménage. Déconsidéré socialement, c’est le métier qu’on prend quand on ne peut en faire aucun autre.

Immigrées, démunies, non instruites, divorcées, accidentées par la vie, elles ont trouvé les moyens de leur survie dans cette profession qui profite de l’expansion des métiers de service.

Par souci de dignité, elles sont souvent très pudiques sur les réalités professionnelles, sociales et personnelles qu’elles affrontent jour après jour.

Leur consacrer un documentaire, revient à s’intéresser aux travailleurs pauvres, de plus en plus nombreux…

Un film réalisé par Francois Chilowicz
Une coproduction : Ex-Nihilo et France 3 Sud avec la participation de France 2 et de Planète.
Note d'intention du réalisateur

NOTE D’INTENTION DU RÉALISATEUR

 

C’est à notre grande surprise que ce film a été particulièrement difficile à mettre en œuvre dès son commencement …par manque de participantes.

À Toulouse, nous avons contacté plus de 300 femmes de ménage. La plupart d’entre elles ont été très touchées par l’attention que nous portions à leurs conditions de vie, mais moins de 50 ont accepté de nous rencontrer. Au final, elles n’étaient plus que 10 à pouvoir assumer de témoigner dans un documentaire sur leur métier.

 

Cette difficulté nous met d’emblée dans le vif du sujet. En effet, la plupart des femmes que nous avons contactées ont honte de leur travail et ne veulent pas que cela se sache. Et quand ce n’est pas elles qui ont honte, ce sont les hommes de leurs vies : maris, frères, pères, fils…

 

La crainte des représailles des employeurs a également constitué un motif de refus très récurrent, surtout pour celles qui travaillent dans des sociétés de nettoyage.

Alors nous avons contacté la totalité des sociétés de nettoyage de Toulouse. Aucune n’a accepté de participer à notre film, même en lui laissant le choix des sites et des salariés… Et pour cause : les récits que nous avons entendus sur les conditions de travail dans ces sociétés sont édifiants et indignes !

 

Enfin, pour leur propre sécurité, nous n’avons pas filmé de femmes sans papiers ou non déclarées, pourtant si nombreuses dans le métier…

 

Les 5 femmes qui participent à notre film sont très courageuses. Elles le font non seulement pour elles-mêmes mais aussi pour toutes celles qui sont réduites au silence. Elles ont connu la violence et l’abus de leurs employeurs (sociétés et particuliers) ainsi que celle de leurs maris. Aujourd’hui elles ont la chance de se sentir libres de témoigner de leurs quotidiens difficiles ainsi que de leurs souvenirs douloureux.

Elles connaissent le manque. La précarité est leur quotidien. Elles sont dans l’urgence et parent constamment au plus pressé, ne connaissant jamais le confort de la sérénité. Elles ne peuvent se projeter que dans un avenir très immédiat : un jour, une semaine, pas plus…

Sans savoir ce que sera leur vie dans un mois, leur réalité sociale nous parle d’un présent sans avenir, celui des travailleurs « dignes » mais « pauvres ». Elles ne peuvent pas vraiment faire la fine bouche sur les emplois qu’on leur propose et n’ont que leurs ressources personnelles pour s’en sortir.

 

Cela fait longtemps qu’elles ont appris à travailler plus, mais sans pour autant gagner plus, car elles sont déjà au maximum de leurs capacités physiques. Presque toutes mènent une lutte sans repos contre le quotidien. Pour s’en sortir, pour offrir une vie meilleure à leurs enfants, pour avoir la fierté d’exercer un emploi et de ne pas être chômeuse. Parce qu’elles ne veulent dépendre de personne, ni de la société, ni d’un homme. Et peut-être avant tout parce qu’une grande force de caractère et une inébranlable soif de vivre les animent.

Partout elles nettoient domiciles, parties communes d’immeubles, espaces publics, hôtels, bureaux et administrations. Tout ça quand personne ne les voit. Les femmes de ménage travaillent dans l’ombre, nous avons voulu les mettre en lumière.

 

Elles appartiennent à la classe des « petites gens » et la vie se charge régulièrement de le leur rappeler. Elles demeurent juste en dessous de la « France d’en bas », dans une « France qui se débat » pour vivre …ou plus simplement pour survivre !


 

PORTRAITS

Le film se déroule sur une semaine de 6 jours..

Du lundi au vendredi, nous consacrons une journée entière à chacune de nos protagonistes.

Le samedi nous les trouvons toutes chez elles pour voir ce qu’elles font pour elles-mêmes, ainsi que de leur argent si durement gagné.

LUNDI : Danièle BOSC travaille pour des particuliers.
Placée par ses parents à l’âge de 16 ans comme domestique. Elle s’est mariée trop jeune, avec l’amant d’un soir dont elle attendait un enfant.
La suite de sa vie ne sera que galères… Elle aura d’autres enfants, mais son mari sera défaillant. Jamais violent, mais toujours autoritaire, elle le craindra. Il sera souvent absent, parfois pour de nombreux mois, sans lui donner aucune ressource. Pour élever ses enfants, elle fera beaucoup de ménages qu’elle combinera avec des emplois d’ouvrière.
Au pire moment de sa vie, alors que son mari est en prison, elle sera acculée à employer tous les moyens pour survivre, y compris l’inavouable…
Aujourd’hui, elle a refait sa vie avec un homme tendre et généreux. Ils travaillent dur tous les deux pour tenir jusqu’à la retraite et payer les dettes du passé. Ils demeurent extrêmement vulnérables. Le moindre incident, tel qu’une panne de voiture, peut avoir des conséquences catastrophiques sur leur situation financière… Ils en perdraient leurs emplois.
Danièle se bat contre un cancer, mais n’a pas les moyens de se mettre en arrêt maladie, car elle perdrait trop de salaire.

MARDI : Régine VAN HOVE travaille pour d’autres particuliers.

Régine, est très à part dans le métier, car pour elle, le ménage est un choix à la fois personnel, esthétique et politique !

Instruite et cultivée, elle travaillait dans le social. Mais un jour, elle en a eu assez de se battre contre l’inertie des politiques, pour négocier des budgets d’aide sociale toujours revus à la baisse. Elle a démissionné.
Pour gagner sa vie, elle a fait des ménages. Ça lui a plu. Amatrice de Sophie Calle et de Catherine M., plasticienne elle-même, Régine a trouvé dans ce métier une façon de partir à la rencontre d’elle-même et de ses émotions intimes. Ses amis pensaient qu’elles ne tiendraient que quelques mois, mais cela fait plus de 6 ans qu’elle est femme de ménage.
Consciente des réalités sociales qui l’entourent, elle milite pour la « déconsommation ».

MERCREDI  : Aïcha LAÏDI est femme de chambre.
Née dans un petit village du sud l’Algérie, mariée à 19 ans à un cousin éloigné qu’elle a finit par rejoindre en France quelques années plus tard.  Ils ont eu quatre enfants. Travailleur et volontaire au début, son mari a fini par sombrer dans l’alcoolisme, puis le chômage. Pour nourrir toute sa famille, Aïcha a été embauchée dans un grand hôtel où elle a été particulièrement mal traitée. Mais fière et courageuse, elle a gardé son emploi pendant 14 ans, en dépit de ses souffrances physiques et morales.
Ne supportant pas que sa femme travaille dans un hôtel, le mari d’Aïcha est devenu violent. Elle l’a quitté. Aujourd’hui, ses enfants sont grands et autonomes, son mari est décédé et Aïcha a trouvé un emploi dans un hôtel qui impose des conditions de travail dures, mais humaines.

Son temps libre est consacré à la passion qui fût le refuge de toute sa vie : la littérature. C’est une lectrice.

JEUDI : Nadège GUILLARD travaille pour une association d’insertion.

On peut dire de Nadège qu’elle est née du mauvais côté de la vie, au sein d’une fratrie de 14 enfants. Son père était alcoolique et violent. Sa mère faisait des ménages.

Nadège n’est jamais parvenue à quitter la cité dans laquelle elle a grandi. C’est sa grande colère ! En plus de quarante ans, elle a vu défiler dans sa tour de nombreuses familles françaises et immigrées qui ont su prendre, à un moment donné, l’ascenseur social, afin de louer un appartement plus chaleureux en ville ou d’acheter une petite maison dans un quartier pavillonnaire. C’est le rêve de sa vie. Elle pense qu’elle ne le réalisera jamais, d’autant plus qu’elle se bat contre un cancer.

Pour compléter le salaire de son mari et pour éviter que ses enfants ne volent dans les magasins les vêtements qui leur font plaisir, elle fait des ménages, comme sa mère…

Au cœur des discours politiques actuels, elle ne comprend pas pourquoi elle ne reçoit aucune aide alors qu’autour d’elle, de nombreuses familles dans lesquelles personne ne travaille, reçoivent des allocations conséquentes et roulent dans des plus belles voitures que la sienne.

On entendrait comme un accent de racisme populaire dans sa colère, mais elle est l’amie de toutes les femmes immigrées de la cité qui, comme elle, ont la vie dure.

VENDREDI : Bouchra MEKKI monte sa société de nettoyage.

Née dans une cité, Bouchra est mariée à un inconnu que ses parents ont choisi pour elle. Battue et séquestrée dès le lendemain de ses noces, elle s’est enfuie du domicile conjugal à 19 ans, alors qu’elle était enceinte de 6 mois. Pour survivre, elle a fait des ménages.

Plus tard, elle connaîtra un homme qu’elle aimera profondément. La passion de sa vie. Il lui donnera un enfant, avant de décéder dans un accident.

Jeune et seule avec deux enfants en bas âge, elle n’aura que le ménage pour assurer sa survie et noyer sa tristesse. Pendant plus de 10 ans, elle travaillera tous les jours, parfois le dimanche aussi, de 4h00 à 23h00, pour offrir des écoles privées à ses deux fils.

Puis son corps la lâchera. Elle aura 17 tumeurs et des problèmes cardiaques qui l’empêcheront de maintenir le rythme.

Aujourd’hui, elle va mieux et n’a rien perdu de sa combativité. Elle monte une petite société de nettoyage avec une amie d’enfance. Mais la société n’est pas encore rentable puisqu’elle a décidé de consacrer le salaire de sa première année à l’acquisition du matériel. Pour gagner sa vie, elle fait des ménages chez des particuliers tôt le matin, tard le soir et la plupart des week-ends.

Le documentaire :

Au cœur de la stratégie éditoriale de France 3, le documentaire s’illustre comme un genre majeur avec des rendez-vous dédiés : aux côtés de l’antenne nationale, chacune des 13 antennes régionales propose un documentaire de 52 minutes, le samedi à 15h50.

250 c’est le nombre d’heures produites par les antennes de France 3 implantées en régions, qui ont investi 11,9 millions d’euros en 2006, dans le documentaire. Cet investissement, qui se poursuit en 2007, confirme la place de choix occupée par le documentaire sur les grilles régionales de France 3.
Pour ces œuvres de création, ancrées dans la réalité, France 3 fait appel à tous les talents et collabore avec de nombreux producteurs, auteurs et réalisateurs, contribuant au rayonnement du tissu créatif en France
.

La ligne éditoriale du documentaire de France 3 en régions repose sur trois grands axes : société, culture et création, histoire et patrimoine.
Vecteurs de savoir et de connaissance, ces œuvres qui font la part belle à l’identité régionale, racontent des histoires en éclairant l’histoire au temps présent.

Sur l’antenne nationale, La case de l’oncle Doc propose, chaque samedi en 3ème partie de soirée, une sélection de ces documentaires.

Tout en maintenant leur politique de création spécifique, les antennes régionales se sont engagées, dans une collaboration plus étroite avec l’unité documentaire de France 3. Cet échange plus actif se concrétise par de nouvelles collections documentaires, et vise ainsi une meilleure exposition des oeuvres sur le réseau et sur l’antenne nationale. 

Les samedis à 15h50 / Documentaires de 52 minutes

Les 1ers, 2èmes et 4èmes samedis
Rediffusion le de chaque mois à 15h50
 Catalogue documentaires


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Unité de production : Tiziana Cramerotti
Diffusion : samedi 28 février 2009
Un film de François Chilowicz