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Depuis plus de 15 ans, la compagnie de théâtre Royal de Luxe tient le Havre en haleine avec ses histoires de Géants. Le Père, le fils, une Girafe et son petit sont déjà venus, tout à tour, à quatre reprises. Et sont toujours repartis au grand damne des Havrais, complètement boulversés par l’émergence dans leur ville de cet univers parallèle...
Cette fois, le Royal de Luxe met en scène une petite Géante et un Éléphant (respectivement 6,5 et 13 mètres de hauteur tout de même!). Il m’importait cette fois de montrer comment l’espace de quelques jours, le Havre devenait une immense scène théâtrale et les Havrais les acteurs de cette histoire. Une ville en quelque sorte hors du monde réel, vivant nuit et jour au rythme de ses Géants. Avec au centre la figure du Père, le grand Géant, né maintenant il y a bien longtemps au Havre, et pourtant cette fois-ci encore absent. La dernière fois déjà il n’était pas venu!
Il s’agissait donc d’une part de filmer cette rencontre improbable entre une petit fille et un éléphant comme s’il s’agissait d’une vérité cinématographique, donc faire en sorte d’y croire, et d’autre part, de mettre en scène l’architecture d’une ville comme un décor de théâtre, et ses habitants comme les comédiens de cette fiction. Dans ce qu’ils racontent -et ce spectacle est une formidable machine à parler-, ce dont ils se souviennent, ce qu’ils inventent, ce qu’ils imaginent…
Ce documentaire est donc pensé comme une forme de fiction tournée sur le vif, la caméra se promenant dans un espace exclusivement scénique, ne sachant plus trop ce qui distingue le réel de l’imaginaire. Alternant en permanence les points de vue au sol et dans les airs. Au point de ne plus savoir qui regarde qui et qui écoute quoi! Les Hommes les Géants ou les Géants les Hommes. Ce film, qui ménage de long moments d’interrogation, est à regarder avec une certaine forme de distance. Car il est à sa façon un document ethnologique.
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